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  • Marie Gautier

RS : Les Réseaux de la Souffrance

Il y a quelques jours, une amie m’appelle. Voici un extrait de notre entretien téléphonique :

Elle : Au fait, je suis allée sur le mur de Sophie. Tu l’as vu ?

Moi : Non, je t’ai dit que je ne la suivais plus.

Elle : Tu verrais tout ce qu’elle fait. C’est dingue. Elle a l’air d’aller super bien.

Moi : cool !

Elle : ça me rend malade…

Moi : alors, pourquoi tu regardes ce qu’elle poste ?

Elle : je crois que je suis jalouse.

Moi : (je reste sans voix) Mais arrête ça tout de suite !!! Je ne te pensais pas maso à ce point !


Cette conversation m’a profondément interpelée.


Gare aux remontées gastriques...

Si vous êtes d’accord, je vais vous faire partager quelques réflexions/questions simples (mais la simplicité n’est-elle pas la perfection ?)


Pourquoi regardons-nous, lisons-nous, écoutons-nous des informations, des conversations, des livres ou des émissions qui nous font du mal ?


Pourquoi sommes-nous incapables de couper les liens avec une personne, quand on sait pertinemment qu’ils sont toxiques, que la confiance n’est plus au rendez-vous, qu’il n’y a plus rien à espérer de bon dans cette relation ?


Je n’attendais pas de réponses rapides de mes cogitations, mon esprit flottait dans une sorte de nébuleuse.


Je commençais alors à penser aux Réseaux Sociaux, comme je le fais souvent depuis ces dernières années.


D’une nature plutôt ouverte, j’accueille généralement ce que me propose mon époque avec bienveillance et curiosité. Il y a 8 ans, j’ouvrais moi aussi mon compte FB, me lançais dans la production de publications, à la recherche d’amis, à la prise de selfies pour être la plus belle du royaume, à de dithyrambiques conversations et échanges de points de vue parfois virulents, …


Aujourd’hui, ça ne me fait plus rire du tout. Et je suis loin d’être la seule.

Je vais vous dire pourquoi ce n’est pas amusant.


Parce qu’en moyenne, nous passons 1H22 par jour sur les RS : 4 milliards d’internautes sur terre dont 80% actifs sur les réseaux sociaux.

En 2008, un français adulte passait 3H00/jour devant un écran, 10 après, il y passe plus de 5H00.


Mais revenons aux RS.


J’ai une liste (j’adore les listes) que je mets à jour très régulièrement, qui ressemble à ça :

Les critères que j’ai établis pour positionner telle personne dans telle colonne sont simples et efficaces :


  • Il y a ceux qui vont vraiment mal, parce qu’il y a de quoi. Ils sont en panne de boulot, de santé, en plein divorce, en pleine chimio…

  • Il y a ceux pour lesquels ça pourrait aller bien, mais qui n’en ont jamais assez.

  • Il y a ceux pour lesquels ça va bien, mais qui font tout pour que ça aille mal et qui d’ailleurs devancent l’appel en se plaignant de ce qui n’est pas encore arrivé.

  • Il y a ceux qui ont des galères mais qui finalement s’en tirent plutôt bien.

  • Il y a les zheureux comme je les appelle qui quoiqu’il arrive, trouve que si le verre est à moitié plein, on peut encore boire un coup et que s’il est à moitié vide, on peut toujours boire un coup.


Quel comportement adoptent-ils dans les RS, en fonction de leur positionnement dans ma liste ?


Les zheureux :

  • N’ont pas de compte en général, surtout pas FB ni Instagram. Parfois un LinkedIn s’ils cherchent du boulot

  • Ont un compte,mais peu d’amis

  • Ont un compte, mais ne publient rien. Ils partagent de temps à autre un article et Like tous les 36 du mois.

  • Ont un compte, mais l’utilise à des fins professionnelles ou pour rester en contact avec leurs amis du bout du monde


Les pas zheureux :


  • Ils ont des profils partout qu’ils mettent à jour à tour de bras

  • Leur photo de profil c’est soit eux (mais bien photoshopé), soit un logo, un slogan ou un chat (bref un truc qui n’a rien à voir), soit eux quand ils étaient petits, soit une moto ou une plage (leur rêve quoi).

  • Ils nous balancent des petits messages subliminaux le matin ou le soir, qui nous culpabilisent comme il faut et nous mettent (moi en tout cas) presque en colère. Par exemple « C’est bon là. Va falloir que ça s’arrête » ou « Journée de M… » Et c’est tout, on n’en sait pas plus. J’ai juste envie de leur dire « Si ça ne va pas, tu peux toujours appeler un ami ! »

  • Ils parlent d'eux, un peu d'eux, quelque fois d'eux et se prennent en photo avec eux. Pas de doute, ils veulent qu'on les aime.

  • Ils publient à qui mieux-mieux trop, trop vite.

  • Ils discutaillent, se prennent la tête, partent au combat dans des conflits verbaux sans fin. Je les imagine en train de s’énerver derrière leur écran, à rédiger des réponses à l’emporte-pièce.

  • Ils suivent comme un chien de chasse le baromètre de leur followers, le thermomètre de leur Like et de leur Cœur.

Serais-je un peu sévère ?


Comment vivions-nous avant l’ère des Réseaux de la Souffrance ? Comment communiquions-nous ? Comment trouvions-nous des amis, du travail, un sens à nos vies ?


Fiction ?

Seraient-ils les nouveaux psys ? les porteurs d’espoir ? les religions de demain ?


Ils nous conduisent exactement à l’endroit où nous ne voulons pas aller, si j’en crois les campagnes publicitaires et de communication qui nous invitent à refuser « les #pressions » que nous subissons de toutes parts.

« Ne vous soumettez pas aux diktats de la mode »,

« Assumez votre corps »,

« Ne tombez pas dans le piège de la #surconsommation, de la #mondialisation »,

« Restez authentiques, #résistez ! »


Mais comment rester sourd au chant des sirènes qui nous proposent des petits moments de gloire, de célébrité, de reconnaissance ? Comment garder la tête froide quand on nous dit « So glamourous » ? Comment rester sage quand on nous attaque ?



Nous en arrivons à livrer notre intimité, à perdre notre sens critique, à re-publier des informations fausses qui peuvent en quelques clics attiser la haine et nourrir des débats stériles pour quelque chose qui n’est même pas arrivé ou une parole non prononcée.


Ne pouvons nous vivre sans la validation d’autrui ?


Ne pouvons-nous imaginer être nous-même, sans effort, sans contraintes, simplement et gentiment en protégeant ce qui doit l’être avant de se perdre dans une virtualité qui, si l’on n’y prend garde, nous engloutira dans le tourbillon de la tourmente et des doutes.


Ne pouvons-nous retrouver la vraie vie, avec des vrais gens, des vraies roses, des vrais couchers de soleil, des vrais musiciens ?



Avec 10% des français en proie à des déprimes ou dépressions, n’est-ce pas le moment de tenter un truc ?


Testez-vous (désolée pour ceux qui ne sont pas accros aux RS)



Quand vous publiez quelque chose, demandez-vous si c’est utile, si c’est gentil, si c’est vrai (Socrate).




  1. Notez combien de fois dans une journée vous consultez vos notifications. Essayez de diviser ce chiffre par deux pendant une semaine. Comment avez-vous procédé pour y arriver ? Les avez-vous désactivées de votre smartphone ? Vous êtes-vous imposé des plages horaires ?

  2. Si vous partagez un moment avec des amis, trouvez la force (elle est en vous j’en suis sûre) de laisser votre portable dans votre poche ou votre sac. S’il-vous-plaît. Et pour vous aider, demandez aux autres d’en faire autant 😊

Pour vivre heureux, vivons cachés… Si vous saviez comme c’est vrai.


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MARIE GAUTIER THÉRAPEUTE

PARIS

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